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C’est l’histoire incroyable d’une jeune avignonnaise partie comme jeune fille au pair aux Etats-Unis. Elle y a fondé une famille et vit en Californie un destin hors du commun. Bea Johnson est l’icône internationale du « Zéro déchets ».

Elle est invitée dans les instances internationales et par les grands groupes, pour transmettre son expérience et donner des conseils avisés. Elle a fondé une véritable communauté, les « Zero Wasters », « ceux qui produisent zéro déchets »…

Bea Johnson sera à Mazan (84) le 16 mars pour une conférence. Contactée par Bleu Tomate, elle a accepté de répondre à nos questions, par téléphone, depuis la Californie.

Bleu Tomate : Comment est venue l’idée de produire zéro déchets ?

Bea Johnson : « Dans l’attente d’une maison, nous avons vécu pendant un an dans un petit logement, avec le strict nécessaire, et nos affaires en garde-meuble. Là on a trouvé du temps pour la famille, les pique-niques, les balades. ..Quand nous nous sommes installés pour de bon, 80% de tout ce qui était en garde-meuble nous a paru inutile. Nous avons réfléchi à notre mode de consommation, nous avons lu beaucoup, nous sommes documentés et nous sommes interrogés sur le futur que nous allions laisser à nos enfants. Et nous avons décidé de passer à l’action, en commençant par économiser l’eau et l’énergie. Puis j’ai fait la chasse aux déchets. »

Ecouter : Bea Johnson et sa méthode zéro déchet

Deux ans de tâtonnements, d’essais pour produire aujourd’hui, à 4 (Bea et son mari ont 2 garçons) UN BOCAL DE 500 gr DE DECHETS PAR AN ! Mais pour Bea, ce n’est pas la performance qui compte. Si ce mode de vie est en accord avec sa volonté de limiter son empreinte écologique, le zéro déchet a permis à la famille d’économiser 40% de ses dépenses et a dégagé du temps pour les plaisirs simples. De plus, elle y a trouvé beaucoup de bonheur, et découvert que l’être vaut mieux que l’avoir.

BT : les américains sont-ils facilement réceptifs à votre mode de vie ?

BJ : « Pas au début ! On a été exposés à d’énormes critiques. On m’a lancé d’horribles trucs à la figure. Ce que je comprends, car les gens ne connaissaient pas notre mode de vie. Ils avaient des préjugés.  Les gens nous imaginaient hippies-chevelus-poilus, pensaient qu’on vivait en pleine cambrousse… ! Et puis les media se sont intéressés à nous, et nous avons pu expliquer et surtout montrer comment on vivait. »

Ecouter : photo béa Johnson Bea Johnson décrit sa maison

« Posséder moins+jeter moins=vivre plus ! »

La devise de Bea est résumée en 5 préceptes, à suivre dans l’ordre : Réfuser-Réduire-Réutiliser-Recycler-Composter. Elle a écrit un livre qui a été traduit dans une quinzaine de langues, anime un blog, est présente sur les réseaux sociaux. Et elle donne des conférences dans le monde entier. Un peu partout, des adeptes ouvrent des magasins de vente en vrac, et des grandes entreprises comme Ikea ou un leader canadien prennent son avis pour changer leur mode de vente ou leurs produits.

BT : Agir dans sa maison, cela va-t-il suffire, face aux multinationales qui imposent leurs choix et leurs produits ?

B.J : « Mais le changement viendra du consommateur ! Acheter, c’est voter ! Si nous refusons d’acheter des produits dans des emballages, les fabricants devront s’adapter. Ils ont déjà commencé. »

Ecouter : Bea Johnson croit au pouvoir du consommateur

BT : Etes-vous optimiste pour l’avenir ? 

B.J. : « Je suis extrêmement optimiste. Ma famille seule a pu lancer un mouvement global. Je suis témoin de l’ampleur du changement. Il est exponentiel. Surtout en Europe et particulièrement en France où on a plus l’habitude des plaisirs simples qu’aux Etats-Unis. »

Le blog de Bea http://www.zerowastehome.com/

Son livre : Zéro déchet édition les Arènes

http://www.arenes.fr/livre/zero-dechet

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