Incontournable rendez-vous estival à Forcalquier (04), ce festival éco responsable mêle chaque année sur une thématique donnée musique et gastronomie. Il reprend ses quartiers d’été du 18 au 21 juillet dans les jardins du Couvent des Cordeliers. Le fil rouge de cette 9ème édition? «Funk, Soul & Groove ». Rencontre avec Laurent Kouby, son énergique créateur, un touche à tout inspiré.

Bien sûr, on l’imagine musicien averti et épicurien. Mais Laurent Kouby a aussi la fibre écolo et a créé le festival à son image. Le principe ? Une thématique, fil rouge de la programmation musicale et culinaire. Avec des choix très variés, tels le Japon, Bob Marley ou encore Bollywood, selon l’inspiration de Laurent et de ses acolytes de l’association La Plage Sonore.

Mélomane gourmand

Laurent Kouby, fondateur du CookSound Festival – Crédit Photo Thomas Delsol

Associer la musique et la cuisine est un art de vivre qu’il pratique depuis très longtemps. Il a commencé à le partager avec le public lors de sa première Cooksound Party, il y a une quinzaine d’années. « J’étais en charge du bar Le Comptoir des Mélanges, du cinéma Les Variétés, à Marseille. Le cinéma est une autre de mes passions. J’ai commencé en 2006 en proposant une soirée débutant par la projection du film La Grande Bouffe, suivie d’une animation musicale par Big Buddha et par la dégustation d’un menu gastronomique élaboré et réalisé par le chef Christian Ernst », explique Laurent. Cette première a donné lieu à une dizaine d’autres éditions marseillaises.

Quelques flyers des éditions précédentes de Cook Sound

 

Forcalquier, berceau du Cooksound Festival

En 2010, Laurent quitte Marseille pour s’installer à Forcalquier. Il n’abandonne pas pour autant ses projets. Sa rencontre avec Olivier Bagarri, de l’Université des Senteurs et Saveurs, est l’occasion d’importer le concept dans les Alpes-de-Haute-Provence. « Olivier m’a commandé une Cooksound Party pour la soirée de clôture de leur semaine des saveurs et des senteurs, avec une thématique croisée entre les Alpes-de-Haute-Provence et le Piémont ». La soirée se déroule dans le magnifique écrin du Couvent de Cordeliers. C’est un succès. Il donne envie à Laurent de faire durer le plaisir sur plusieurs jours… En 2011, le Cooksound Festival est lancé ! Toujours sur les mêmes bases : la thématique donne le ton de l’ambiance musicale et de l’univers culinaire des plats qui sont proposés. Ainsi Balkans, Afrique, Caraïbes et bien d’autres territoires sont mis à l’honneur.

Le Couvent des Cordeliers un écrin qui magnifie le Festival – Crédit Photo Laurent Kouby

 

Partenariat avec l’Institut Paul Bocuse

En 2018, 4 000 festivaliers ont répondu présents sur les 4 jours de l’édition. « C’est un petit festival qui grandit tranquillement. Cela nous permet de rester dans un esprit convivial et familial », sourit Laurent. « L’année dernière nous avons accueilli 40 chefs élèves issus de 17 écoles internationales  de l’Alliance Institut by Paul Bocuse, une belle expérience réciproque qui va se renouveler ! », s’enthousiasme Laurent. Le Cooksound Festival prend de l’ampleur mais il a l’ambition de continuer à faire rimer rassemblement avec respect de l’environnement.

Un festival qui carbure à l’écologie

Crédit Photo Laurent Kouby

 

« Le Cooksound Festival dispose d’une labellisation éco responsable. Cela fait partie de ma philosophie et de celle de toute l’équipe qui m’aide à l’organisation. Ce sont des valeurs que nous défendons depuis 10 ans mais que nous essayons d’améliorer chaque année », souligne Laurent.

Depuis longtemps, le tri et le recyclage des déchets est organisé, la vaisselle est compostable, le maximum de mobilier provient de recyclage de palettes ou de pneus « réalisé par une équipe de bénévoles enthousiastes sans qui l’organisation du festival ne serait pas possible », tient à préciser Laurent. Pour les menus, les approvisionnements sont réalisés avec des produits locaux pour privilégier les circuits courts. « Ça nous oblige à être inventifs ! Quand nous plaçons le festival sous le signe des Caraïbes, par exemple, nous n’achetons pas des mangues mais avec les chefs nous trouvons des ingrédients locaux qui s’en rapprochent. Leur génie fait que même si ce n’est pas la recette originale, elle ravit les papilles ! », s’amuse Laurent.

Crédit Photo Laurent Kouby

 

Nouveau défi, réduire l’impact transport  

Autre aspect de l’engagement du festival en matière d’écologie : de nombreux partenariats sont menés pour des sensibilisations au public. Le festival se veut aussi accessible : les concerts dans les jardins sont gratuits et accessibles à tous. Ceux qui se déroulent dans le cloitre sont au tarif de 10 €, même pour des artistes de renommée internationale. L’impact principal d’un tel évènement reste les déplacements des festivaliers. « Nous sommes impliqués au sein du réseau Cofees, collectif des festivals éco responsables et solidaires en région Sud PACA depuis 3 ans. Il labellise et regroupe maintenant 17 festivals avec lesquels nous réfléchissons et collaborons autour de notre engagement collectif dans le développement durable », explique Laurent. Le réseau réalise des audits et analyse ainsi l’impact des flux de transport.

Séance de rattrapage les 20 et 21 septembre

« Avec les données chiffrées, l’objectif est de développer des offres locales, en lien avec les acteurs économiques et les institutionnels, adaptées aux attentes et contraintes des publics en termes d’hébergement, de restauration et de transport, en prenant en compte l’environnement et le contexte dans lesquels les festivals se déroulent », insiste Laurent.Alors si cette proposition vous allèche, le programme c’est ici ! Et si vous êtes en vacances à ces dates vous pouvez vous rattraper car une Cooksound party est organisée le 20 et 21 septembre dans le cadre de MPG 2019 au Rowing Club, avec le chef Christian Ernst.