les clients nombreux de la brasserie des Ursulines

A Crémieu, dans l’Isère, Olivier Bourgaud anime depuis dix ans cette brasserie, à la fois lieu de dégustation de bières et espace de rencontres. Une initiative qui montre qu’en matière de commerce, faire bon et défendre des valeurs vont souvent de pair.

Il fait la bise à une habituée, donne une tape amicale sur la joue d’un enfant, dit un mot gentil à une maman qui débarque avec sa poussette… C’est samedi, fin d’après-midi à Crémieu et la brasserie des Ursulines se remplit doucement, comme chaque fin de semaine. Cela fait dix ans qu’Olivier Bourgaud a ouvert ce lieu dans l’ancienne chapelle (1732) du couvent des Ursulines, devenu après la Révolution un atelier de fabrication de chaussures.

L’ancienne chapelle

la brasserie bio des Ursulines à CrémieuUn bel endroit, plancher en pierre, déco en bois, escalier central façon saloon, comptoir de vente avec tireuse à bière. Les cuves, elles, ne sont pas cachées : la production de bière s’effectue au grand jour, dans la salle et devant les clients. Olivier Bourgaud a ouvert ce lieu en gardant son cachet et son esprit. L’étage sert de réserve et n’est pas accessible au public. Mais on peut encore y voir des vestiges de fresques de la chapelle.

Mélange et convivialité

Dire que Crémieu serait exsangue en lieux de convivialité sans cette brasserie serait exagéré. Sur ce territoire des Balcons du Dauphiné, la commune fait office de « bourg central », avec sa voisine Morestel. Des cafés, donc, des commerces de proximité et une exceptionnelle halle médiévale inchangée depuis plus de 500 ans, bijou d’architecture qui attire de nombreux touristes.

Au nord-ouest de l’Isère, avec 3 500 habitants, Crémieu a su capter des actifs lyonnais et d’autres travaillant à l’aéroport Lyon Saint-Exupéry, distant de seulement 20 km. Les résidents d’origine rurale se mêlent ainsi à de nouveaux habitants. Ceux-ci sont cadres aisés, employés et néos-ruraux en quête de sens ou d’une vie « différente ».

Et la brasserie fait un peu la synthèse entre ces populations. « Toutes les catégories de clients viennent ici. Nous sommes un lieu atypique mais nous avons su conquérir notre public. Nous appartenons désormais au paysage de Crémieu et même le député-maire fait notre promotion ! », rappelle Olivier Bourgaud.

Accueil chaleureux et animation

Les concerts proposés le week-end sont aussi un élément fédérateur, qui attire jusqu’à des addicts lyonnais. Debout devant le comptoir, les habitués trinquent, façon ambiance rugby. Plus sages, d’autres s’installent aux tables pour discuter. Des consommateurs passent en coup de vent, histoire d’acheter quelques bouteilles et de repartir après avoir salué des connaissances.

la brasserie des Ursulines à CrémieuLa réussite du lieu tient beaucoup à la personnalité d’Olivier Bourgaud. « J’aime manger, boire, faire la fête. Je voulais faire de cette brasserie un espace de fabrication, de dégustation, de rencontres, d’animations… », dit cet ancien professionnel du tourisme, passé par une station de ski, un cabinet d’études et un organisme institutionnel de promotion. La greffe dans ce village mixte où coexistent des catégories sociales différentes semble avoir réussi. A minima, elles se côtoient sous le même toit de la brasserie des Ursulines, dans le plaisir partagé d’une bonne mousse.

Car il ne faudrait pas oublier la bière. Sans sa qualité, le public ne serait peut-être pas aussi nombreux au rendez-vous. « Je voulais renouer avec des bières qui ont du goût, les nôtres sont très maltées et riches en céréales ». Blonde dorée, ambrée, brune, Pale Ale… A la pression ou en bouteilles, il s’en écoule 65 000 litres par an, vendue au trois quarts à la brasserie – le reste chez des cavistes locaux. Les 40 000 personnes qui passent chaque année aux Ursulines sont ses meilleurs ambassadeurs.


Brasserie des Ursulines

4, Côte Chausson

38460 Crémieu

04 74 83 60 35

bierre-les-ursulines.com