« Changer de cap pour l’agriculture méditerranéenne »

Stand Conf'Paysanne Med'Agri Avignon

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Stand Conf'Paysanne Med'Agri Avignon

Med’Agri a fermé ses portes, après trois jours de rencontres et d’échanges entre les différents acteurs de la filière agricole. Parmi eux, la Confédération Paysanne, qui propose une feuille de route : « Pour des fermes nombreuses, autonomes et résilientes ». Bleu Tomate a voulu en savoir davantage.

Face à un été chaotique sur le plan climatique et aux crises qui s’installent, l’agriculture méditerranéenne doit pouvoir résister et nourrir à la fois les habitants du territoire et ceux qui la pratiquent. Forts de cet objectif affiché, les membres du syndicat agricole ont élaboré des propositions. Priorités : répondre aux crises climatiques comme celles de cet été, sécuriser les revenus de tous les paysans dans le respect de leur diversité et préserver les ressources, comme la terre et l’eau.

Couvrir les risques climatiques pour toutes les cultures

Il s’agit de mettre en place une couverture universelle pour assurer à 100% l’ensemble des cultures, même diversifiées (aujourd’hui non couvertes par les assurances privées, telles que le maraîchage ou l’apiculture). Le syndicat propose la mise en place d’un fond professionnel mutuel et solidaire pour tous, qui serait abondé par tous les acteurs de la chaîne agro-alimentaire et géré collectivement.

Garantir les revenus de toutes les fermes

« On ne peut pas produire de la bonne qualité et être concurrentiel avec des pays qui n’ont pas les mêmes exigences à travers le libre échange », constate Didier Brun, rencontré sur le stand de la Conf. Viticulteur bio et producteur d’huile d’olive à Châteauneuf-de-Gadagne, il est élu à la chambre d’agriculture de Vaucluse.

salades bio 84
Maraîchage bio en Vaucluse ©JB

Pour assurer des prix rémunérateurs, la Confédération Paysanne propose la mise en place de prix minimum d’entrée (qui tiendraient compte du coût de production et de la rémunération paysanne), notamment pour les filières qui ne sont pas soutenues publiquement par la PAC. On retrouve ici aussi le maraîchage, l’apiculture ou encore l’arboriculture. Ce mécanisme protecteur du revenu serait propre à tirer vers le haut la qualité des produits importés sur le marché français, sur le plan social et environnemental, plutôt que l’inverse.

Organiser le partage de l’eau

Deuxième grand thème, celui du partage de l’eau. Le syndicat le voudrait transparent et prioritairement attribué aux cultures nourricières, comme le maraîchage, les pépinières ou les PPAM*. « On voit des maraîchers contraints d’arrêter leur activité, à cause du manque d’eau », se désole Didier Brun. Plus résistante, la vigne a tenu le choc, « mais qu’en sera-t-il si les pluies hivernales ne sont pas au rendez-vous ?», s’interroge le syndicaliste.

friche asséchée en plaine de Durance
Des terres abandonnées par l’agriculture sont autant de friches à reconquérir pour l’autonomie alimentaire du territoire ©JB

Une même attention est apportée au foncier, qui doit être préservé pour favoriser la souveraineté alimentaire. La Confédération paysanne souhaite une priorité à la diversité des fermes, plutôt qu’à l’agrandissement ou l’artificialisation. « Il y a des terres disponibles, 30% de friches par exemple autour de Châteauneuf-de-Gadagne, affirme le viticulteur. Les politiques doivent s’emparer du sujet, créer des réserves foncières, proposer des logements sociaux aux jeunes qui veulent s’installer… Souvent la question du logement est un frein ». Une réflexion pourrait être menée pour faciliter aussi les réserves foncières par les SAFER.**

Développer l’agroécologie

L’agriculture méditerranéenne sera solide si elle sait préserver terre, eau et biodiversité. Il s’agira alors de promouvoir les mesures agroécologiques, l’agroforesterie, l’agriculture bio ou encore le pastoralisme. Ce dernier est un élément fort de protection contre les incendies et de maintien de la biodiversité.

Ces propositions sont susceptibles de soutenir l’agriculture paysanne, gage de souveraineté alimentaire, avec des fermes nombreuses et des outils de proximité (comme les abattoirs). Cela passe –pour le syndicat agricole– par des politiques publiques qui laissent toute leur place à la diversité des acteurs, à la coopération et à la définition collective des priorités. Une vision sans doute partagée par de nombreux consommateurs et citoyens.

*Plantes à parfum aromatiques et médicinales
**Société d’aménagement foncier et d’établissement rural

 

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