Sauvegarder la chauve-souris, celle qui « vole avec ses mains » 

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Sauvegarder la chauve-souris, celle qui « vole avec ses mains »  Bleu Tomate

Depuis 30 ans, le Groupe Chiroptères de Provence s’est engagé dans l’amélioration de la connaissance, la protection et la sensibilisation du public à ce petit mammifère volant. Une nouvelle étape se met en place : l’aménagement du premier centre de sauvegarde de la Région Sud, le second en France.

Les chauves-souris ont toujours souffert d’une image négative, et ce depuis bien longtemps. La légende dit qu’elles s’accrocheraient aux cheveux des femmes (en fait, c’était pour décourager les demoiselles de sortir la nuit…). Elles se nourriraient de sang ? Eh bien non ! A contrario, elles peuvent avaler plus de 3000 insectes chaque nuit.

Un centre de soins pour une espèce représentative de la Région Sud

Pour en savoir plus sur ce projet nous avons contacté le directeur du GCP, Emmanuel Cosson à Saint-Étienne-les-Orgues dans les Hautes-Alpes. « La région Sud est une des régions les plus riches par la diversité des paysages, ce qui en fait l’un des endroits les plus intéressants d’Europe pour l’étude et la protection des chauves-souris. Sur 35 espèces présentes, 30 sont en région. Mais nous avons pris beaucoup de retard dans la connaissance et la protection de cette espèce. »

Sauvegarder la chauve-souris, celle qui « vole avec ses mains »  Bleu Tomate
Le futur centre dispose déjà de son premier nichoir © JL Burdent

C’est dans une ferme existante que sera aménagé le centre de soins. Il permettra notamment d’accueillir les 22 personnes constituant l’équipe salariée, ainsi qu’une salle de vol. Les soins pourront officiellement démarrer en 2027.

Un projet d’aménagement sur 2 ans

« Dans notre région les animaux blessés sont recueillis jusqu’à présent par le Centre de Sauvegarde de la LPO à Buoux, poursuit le directeur du GCP. Mais les soins à apporter aux chauves-souris sont très délicats, et il nous a paru nécessaire d’organiser leur prise en charge de manière spécifique. La réalisation de ce projet était donc une nécessité pour répondre à la chute permanente des populations dans notre région ». En effet, en 50 ans la population de chauves-souris a été divisée par 10, et le déclin constaté est malheureusement confirmé même dans les sites protégés. «Dans le Bassin Parisien, il n’y a même plus de chauves-souris » confirme Emmanuel Cosson.

Ce projet est porté par l’association, avec l’aide financière de France Active, mais aussi de la Région Sud. L’association dispose par ailleurs d’un fonds de dotation alimenté par les dons et le mécénat. La SNCF est un exemple, avec un financement de 30 000 euros pour le fonctionnement et les investissements du GCP. Les prestations fournies aux bureaux d’étude représentent également une ressource financière non négligeable pour l’association.

Stopper le déclin amorcé des populations de chauves-souris

 La pression exercée sur leurs milieux est effectivement décisive. De nombreux facteurs aggravants précipitent le déclin : pesticides qui détruisent les insectes, source de leur alimentation, éoliennes avec lesquelles les collisions sont fréquentes, disparition des gîtes souterrains des espèces cavernicoles (plus de 70% de perte), disparition des haies, corridors alimentaires sécurisés, mais aussi pollution lumineuse dont les effets sont particulièrement délétères. 

En réponse, différents projets sont mis en place. « Dans le cadre du Plan Régional d’Action Chiroptères, nous privilégions les projets innovants, voire démonstratifs, en menant des partenariats avec par exemple les agriculteurs sur des projets agro-écologiques ». La reconstitution de haies, de mares, l’installation de nichoirs contribuent au maintien des colonies.

Sauvegarder la chauve-souris, celle qui « vole avec ses mains »  Bleu Tomate
©A.STUDLER

Un mammifère méconnu aux pouvoirs extraordinaires

Le tableau est bien sombre pour ce petit mammifère volant aux pouvoirs pourtant extraordinaires. La chauve-souris se déplace grâce aux ultrasons qu’elle dirige de façon à récupérer les échos, et dessiner ainsi la forme et la taille de ce qui l’entoure. Elle fait mieux qu’une photographie en haute définition ! Cela lui permet d’éviter quasiment tous les obstacles, et même des fils de moins d’un dixième de millimètre de diamètre (un cheveu). Ce guidage par ultrasons explique ses capacités à voler en se passant totalement de lumière. C’est une espèce lucifuge.

Regarder l’avenir

Dans les projets à venir, se dessine notamment celui de créer des Réserves Naturelles Régionales dont une dans le secteur de Mirabeau, à la confluence Verdon-Durance. Renforcer la sensibilisation de tous les publics est également un objectif important. La participation à des événements comme, par exemple, la prochaine Fête de la Nature à Chorges (26 mars 2026) en fait partie.

Photo de 1 : © Thomas MATHIEU

 

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