C’est la question que pose Santafoo, une application mobile lancée il y a trois ans avec l’ambition de concilier économie locale, écologie et accessibilité. Aujourd’hui, la plateforme rassemble environ 3 000 consommateurs réguliers et référence plus de 1 200 produits alimentaires.
Le principe est simple : proposer un “supermarché digital” centré sur les circuits courts. Selon Santafoo, 60 % des produits sont locaux ou régionaux et 95 % sont d’origine française. Les références restantes correspondent à des produits non disponibles en France mais demandés par les utilisateurs. « Santafoo travaille avec 30 à 40 producteurs, principalement en Provence, et leur laisse la liberté de fixer leurs prix. » nous dit Matthieu Gibet, directeur exécutif de Santafoo. Un choix présenté comme un moyen de préserver leur marge et de soutenir l’économie agricole locale.

Une logistique pensée pour réduire l’impact environnemental
L’engagement affiché ne se limite pas à la sélection des produits. La logistique a été pensée pour réduire l’impact environnemental : les livraisons à domicile sont assurées par des salariés de l’entreprise et effectuées exclusivement en véhicules électriques. La plateforme annonce un délai maximal de 48 heures entre la commande et la réception. L’objectif est de rapprocher production et consommation tout en conservant un niveau de service comparable à celui des acteurs classiques du e-commerce alimentaire.
Concrètement, l’organisation repose sur un entrepôt situé dans le 6ᵉ arrondissement de Marseille. Les petits producteurs réalisent la collecte de leurs produits sur leur territoire, tandis que les exploitations plus importantes livrent à l’entrepôt. Sur place, une équipe prépare et expédie les commandes. L’entreprise emploie aujourd’hui entre 17 et 18 personnes, dont une dizaine à temps plein sur la partie logistique, deux managers et une équipe marketing dédiée. L’ensemble est piloté par Matthieu Gibet, Directeur exécutif.

Bio et local c’est l’idéal, quand c’est jouable !
Santafoo ne se revendique pas comme une plateforme exclusivement bio. Si des produits issus de l’agriculture biologique sont proposés, le critère prioritaire reste la proximité géographique. L’entreprise explique ce choix par le coût souvent plus élevé du bio et par la volonté de maintenir des prix accessibles. Elle travaille notamment avec le réseau Renatura et affirme privilégier le bio “lorsqu’il a du sens” dans son modèle.
La sélection des producteurs repose sur plusieurs critères : méthodes de production (biologique, raisonnée ou autre), origine géographique, qualité gustative des produits testés avant référencement. Pour la viande, une attention particulière est portée aux conditions d’élevage et d’abattage, avec une préférence pour le plein air. La recherche d’un équivalent provençal est systématique avant d’élargir le sourcing.
Dans un marché où la grande distribution concentre l’essentiel des parts, Santafoo s’inscrit dans un mouvement plus large de réinterrogation des modes de consommation. L’entreprise souligne la pression exercée sur les prix et la fragilité des petits producteurs. À travers son modèle, elle défend l’idée que le consommateur peut contribuer, par ses choix, à encourager une alimentation plus locale et à soutenir les filières territoriales.