Alpes du Sud : Ambition Élevage 2035, quand la montagne s’organise pour valoriser ses ressources

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Alpes du Sud : Ambition Élevage 2035, quand la montagne s'organise pour valoriser ses ressources Bleu Tomate

Lors du Salon International de l’Agriculture 2026, plusieurs personnalités du monde agricole et politique régional ont donné une forme publique à une nouvelle dynamique pour les Alpes du Sud. L’objectif d’Ambition Élevage 2035 ? Structurer les filières, faire front commun face aux difficultés et redonner une véritable valeur économique à l’élevage de montagne, avec une attention toute particulière portée sur la laine locale.

Le pastoralisme comme économie, pas seulement comme patrimoine

Dans les Alpes du Sud, l’élevage ovin représente une part fondamentale de l’identité et de l’économie régionales. Pourtant, les exploitations restent sous pression : baisse du nombre d’éleveurs, coûts de production élevés, dépendance au fourrage et prédation.

Dans ce contexte, la question n’est plus seulement de produire, mais de mieux capter la valeur de ce qui est produit, à l’image des initiatives locales qui cherchent à réinventer la filière et à se regrouper. Le pastoralisme n’est pas qu’un patrimoine figé. Comme l’a souligné Bénédicte Martin, Vice-Présidente de la Région Sud déléguée à l’agriculture, il s’agit d’« un véritable enjeu d’occupation du territoire », tout en rappelant que les ressources qui en découlent, comme la laine, doivent redevenir « une vraie source de revenus ». Ces deux dimensions restent étroitement liées pour maintenir un équilibre économique souvent étroit en montagne.

Ambition Élevage 2035 : travailler ensemble autrement

Face à ce constat, les acteurs régionaux ont décidé de resserrer les rangs. Cette dynamique de rapprochement, saluée conjointement par Georgia Lambertin, Présidente de la Chambre régionale d’agriculture, et Bénédicte Martin Vice-Présidente de la Région Sud, s’inscrit dans un projet plus large porté par Éric Lions, Président de la Maison Régionale de l’Élevage : Ambition Élevage 2035.

« Nous ne nous résignons pas à avoir des filières en souffrance », dit-il. L’objectif est de porter une stratégie sur le court, moyen et long terme, pas de répondre à l’urgence, mais de construire. Cette stratégie régionale ambitionne de repenser l’organisation même de la filière agricole en mutualisant les forces : « L’objectif est d’être plus fort demain. Pour ce faire, nous devons davantage travailler en synergie et faire en sorte que chaque euro investi soit un euro véritablement utile. »

La filière laine, un chantier à construire

Si l’on cherche un exemple concret de cette volonté de restructuration, il suffit de regarder du côté de la toison de nos troupeaux. Longtemps délaissée, la laine est revenue au centre des échanges car elle illustre parfaitement les défis actuels du secteur. Lionel Escoffier, Président de la Maison de la transhumance, pose un diagnostic clair : « Aujourd’hui, la filière n’est pas véritablement structurée. » La direction à suivre est donc toute tracée : « il faut désormais structurer une filière locale, transformer un co-produit souvent considéré comme une charge en véritable ressource, et lui trouver des débouchés économiques viables. »

Sur ce point, le président défend une approche inclusive des races locales. S’il est crucial de valoriser l’exceptionnelle laine Mérinos d’Arles, il rappelle qu’il est « hors de question de s’y intéresser uniquement, avant de s’intéresser également à la laine de notre propre race, la Préalpes du Sud. »

Il existe aujourd’hui une véritable volonté d’inscrire ces ressources locales dans des débouchés concrets et innovants. L’ambition est affichée, le défi est lancé.

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