15 ans qu’il exerce son métier de pisteur-secouriste tout en élevant des brebis. Une double activité chronophage, mais qui lui permet de profiter pleinement de l’environnement montagnard qu’il aime. Entre deux tâches, Benoît Glardon a trouvé le temps de se confier à Bleu Tomate.
Mi-avril, c’est la fin de la saison hivernale. Depuis 5 mois, Benoît travaille à la station de ski des Orres comme pisteur-artificier. Prévention, sécurité, secours, déclenchement d’avalanches, les tâches sont nombreuses. Entre 600 et 700 matelas de protection à installer et entretenir auprès des obstacles potentiels, sur les 100 km de pistes de la station. Un métier qu’il exerce en saisonnier, mais avec passion.
Un troupeau construit au fil des ans
Vingt ans que ce franc-comtois s’est installé aux Orres, dans les Hautes-Alpes, où il venait petit, avec son père berger. C’est donc presque naturellement qu’il s’est mis à l’élevage, pour la viande. « Aujourd’hui, j’ai un troupeau de 300 brebis Mérinos d’Arles, et trente chèvres du Rove ». L’été, elles montent à l’alpage, avec un berger. L’hiver, transhumance à rebours, le troupeau descend par moitié en Camargue où il passe ses journées dehors. Benoît pratique un élevage raisonné.
Chaque année, 150 agneaux naissent au printemps et autant à l’automne. L’hiver à l’abri, les bêtes nécessitent tout de même deux à trois heures de soins quotidiens, qui s’ajoutent à la journée de travail à la station. L’été, quand le troupeau est au vert en altitude, il s’agit de faire les foins, d’arroser les prairies, de réparer et de ranger tout ce qui doit l’être…
Joies et contraintes de la montagne
Benoît loue la plupart des pâturages et, grâce à un contrat avec la commune, fait paître ses bêtes en bas du domaine skiable, une manière naturelle d’entretenir les sols. Il commercialise sa production sous forme de colis à des restaurateurs et des clients locaux dans la région.
Une vie qu’il a choisie et qui le satisfait, malgré la difficulté des conditions de vie en montagne. « On est mal desservis, tout coûte plus cher, et puis il me semble que la solidarité entre habitants était plus forte dans les générations précédentes » constate l’éleveur.
Vivre au plus près de la nature
Alors pas de projets d’agrandissement, bien au contraire, « je reste vigilant » confie Benoît. Parmi les sujets d’inquiétude, la présence du loup, qui « prend la tête », et les signes de changements climatiques. « On le voit, les arbres remontent en altitude ». L’éleveur craint aussi la sècheresse au printemps, même si les cinq dernières années ont apporté suffisamment de pluies d’hiver.
« On a souvent du vent qu’on n’avait pas avant, poursuit-il, et de gros écarts de températures d’un jour à l’autre. Dans la bergerie, 25° à 1500 mètres d’altitude en mars, quand il devrait faire 11°, et moins 5° le lendemain… pas facile pour les brebis ! ».
Amoureux de la montagne, l’éleveur-pisteur apprécie la complémentarité de ses deux activités professionnelles, avec une petite préférence pour la montagne l’hiver ! Comme lui, une demi-douzaine d’éleveurs pratiquent deux métiers. Pour lui, pas d’inquiétude pour l’avenir du domaine skiable, couvert à 70% avec de la neige de culture.
