« Nourrir l’humanité, c’est un métier », le titre de cette pièce de théâtre qui raconte l’évolution de l’agriculture ces dernières années, illustre parfaitement le rôle des femmes depuis la nuit des temps. Présentes, mais souvent invisibles, les agricultrices pourraient pourtant transformer ce métier.
Dans les Bouches-du-Rhône, elles sont 4 000 à travailler dans l’agriculture, soit 30% des effectifs. C’est 28% en France. Et si plus de la moitié d’entre elles sont cheffes d’exploitation, co-exploitantes ou associées, elles ne représentent qu’un quart de ceux-ci, contre trois-quart pour leurs collègues masculins. Un pourcentage multiplié par trois en cinquante ans, mais qui reste stable depuis 10 ans.
2026, année internationale des agricultrices
Dans le monde, les femmes sont 41% de la main d’œuvre agricole, mais 20% seulement ont la propriété des terres. Elles jouent pourtant « un rôle essentiel dans l’ensemble des systèmes agroalimentaires, de la production au commerce. Leur travail est déterminant pour la sécurité alimentaire, la nutrition et la résilience économique », argumente la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) qui a proclamée 2026 Année internationale des agricultrices. L’organisme conduit des actions de sensibilisation et de promotion « visant à combler les écarts entre les hommes et les femmes et à améliorer les moyens de subsistance des femmes dans le monde entier ».
Des obstacles et des atouts
En France, si les agricultrices ont revendiqué leur place et leur reconnaissance dans le monde agricole dès les années 60, elles ont dû attendre 1982 puis 1988 pour que lois et décrets leur accordent un statut professionnel, des droits à la retraite et une couverture sociale. Aujourd’hui encore, elles gagnent en moyenne 29% de moins que les agriculteurs et une sur deux se déclare insatisfaite des conditions de conciliation entre vie professionnelle et personnelle.
Des conditions qui les amènent moins souvent en formation ou dans des instances décisionnaires où leur voix pourrait justement apporter des changements. Comme dans les autres secteurs de la société, les femmes sont encore en butte à la discrimination et au sexisme. Le combat de l’égalité n’est pas encore gagné !
Mais aujourd’hui, près d’une agricultrice sur deux qui s’installe n’est pas issue d’une famille agricole. Les femmes s’inscrivent davantage que les hommes dans l’innovation, la diversification, la bio et la permaculture, mais aussi dans les circuits courts et la vente directe. Un dynamisme et des capacités d’adaptation qui pourraient accélérer la transition du modèle agricole.
Sources
Agreste Graphagri 2025 (données 2023).
https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/agriculture-femme-agricultrice-statut-exploitation-agricole
https://www.agriculturepaysanne.org/IMG/pdf/enquete_femmes_paysannes_installation_vf.pdf
https://www.francetravail.org/accueil/actualites/2025/agriculture-au-feminin-des-parcours-loin-des-stereotypes.html?type=article
https://www.cirad.fr/2026-annee-internationale-des-agricultrices