À l’invitation de Terre de liens PACA, des candidats aux prochaines élections municipales se sont retrouvés au Petit Mas de Crau, à Saint-Andiol (13). Objectif de ce Tour des Fermes en France ? Favoriser l’intégration du volet agriculture durable dans leur programme.
La ferme du Petit Mas de Crau était déjà une exploitation biologique en arboriculture (variétés anciennes de pommes et de poires) et en maraîchage. Une ferme à taille humaine qui demandait un investissement et une maîtrise technique importante. L’ancien propriétaire a fait appel à Terre de Liens afin que la ferme soit préservée dans son entièreté, qu’elle reste agricole et cultivée en agriculture biologique, et que la transmission soit assurée. Et Axel est arrivé.
Une vraie reconversion
« J’étais cadre chez Renault et j’habitais la région parisienne. Vers mes 50 ans, j’ai bien compris que j’allais petit à petit être mis sur la touche et j’ai alors décidé de me reconvertir. Je suis arrivé ici en 2022 après m’être formé pendant 3 ans en agriculture ». Il a passé un an avec l’ancien exploitant, et c’est à lui qu’incombe désormais la gestion des productions arboricoles et maraîchères du site. « Mon objectif est, d’une part, de diversifier mes débouchés commerciaux afin de ne pas dépendre de la coopérative qui représente aujourd’hui 80% de mes revenus. D’autre part, de diversifier mon activité elle-même, puisque j’envisage de développer l’accueil à la ferme ou la culture des fleurs coupées. »
Pour une agriculture nourricière
Avec ce « Tour des Fermes », Terre de Liens veut apporter la preuve qu’une autre agriculture est possible, au bénéfice des agriculteurs eux-mêmes et des territoires. Catherine Dornay, en charge à Terre de Liens PACA de la réception des candidatures à la reprise de terres acquises par l’association, explique aux participants l’enjeu de cette démarche. « Partout en France, Terre de Liens aide les agriculteurs et éleveurs à accéder à la terre pour installer des fermes durables, bio, en lien avec le territoire : créatrices d’emplois, elles distribuent leur production en circuit court pour rendre accessible une alimentation saine. Sur chaque parcelle, s’invente un nouveau modèle agricole, plus résistant face aux crises, et qui permet de les atténuer ». Et dans ce contexte, les élus locaux sont un levier important pour favoriser ces projets.
Donner du sens à la décision politique
Les bénévoles de Terre de Liens PACA, qui interviennent à tour de rôle, rappellent combien l’action publique est le véritable enjeu de ces élections : en premier lieu, les communes ont le pouvoir et le devoir de protéger les terres agricoles. Il s’agit en outre de faciliter et de soutenir l’installation de nouvelles générations d’agriculteur·ices tout en favorisant l’agriculture biologique et locale. La protection de la ressource en eau est un objectif vers lequel convergent tous les avis exprimés par les citoyens. Enfin lutter contre la précarité alimentaire rejoint l’objectif d’une agriculture saine et durable. Ce sont les 5 mesures pour une agriculture de proximité que décline Terre de Liens sur tous les territoires et sur lesquelles les candidats présents s’expriment chacun leur tour.
Des idées et des projets, des réalisations aussi
Des maires en exercice ou en campagne sont présents ce matin : Châteaurenard, Eyguières, Bouc Bel Air, Alleins, Paradou. Les sujets abordés traitent aussi bien de la mise en place de ZAP (zone agricole protégée) que des PAEN (protection des espaces agricoles et naturels péri-urbains), de l’agrivoltaïsme comme de la protection des zones de captage de l’eau, ou encore la création de marchés de producteurs. De jolis projets sont également présentés, tel celui en cours sur Alleins, avec l’acquisition d’une ferme qui sera au cœur d’une démarche touchant tout à la fois l’alimentation, l’éducation ou la production locale grâce au paysan boulanger déjà présent sur le secteur.


Élections municipales : des enjeux portés par Terre de Liens avec 15 réunions organisées en France
Hélène Bechet, chargée de projets auprès des collectivités, nous explique les enjeux : « Nous sommes particulièrement engagés en 2026 car le contexte est plus alarmant qu’il y a 6 ans ! Nous devons absolument rappeler qu’au-delà des réglementations qui existent, par exemple la loi Egalim qui oblige désormais de proposer en restauration collective un minimum de 20% de produits bio, les maires et les intercommunalités peuvent aller plus loin. Une réelle volonté politique est indispensable, en parallèle de la prise de conscience du citoyen, véritable acteur de sa consommation ».
Terre de Liens s’investit également de plus en plus auprès du grand public, conscient de la nécessité d’élargir la cible des citoyens déjà convaincus. Pour ce faire, elle recrute des bénévoles dont elle accompagne la montée en compétences, pour animer les groupes locaux en charge d’être ses courroies de transmission.
Terre de Lien : plus de 1000 adhérents en PACA, 36 fermes (440 en France) et plus de 35.000 actionnaires sur tout le territoire.
Pour les agriculteurs et agricultrices qui choisissent de lancer leur activité sur une ferme appartenant à Terre de Liens, l’appui à l’installation proposé ne se limite pas à la « remise des clefs » et s’apparente plutôt à un accompagnement.
Le fermier et Terre de Liens signent un bail locatif, appelé bail rural environnemental. Il permet à l’agriculteur de jouir des terres sans limitation de durée, à condition de libérer la ferme lorsqu’il mettra fin à son activité agricole ou en cas de non-respect des clauses du bail.
Les activités soutenues par Terre de Liens sont très diverses mais un ensemble de valeurs servent de fil rouge :
- une agriculture biologique, respectueuse de l’environnement, vivifiant les sols et rééquilibrant les écosystèmes,
- des productions à finalités principalement alimentaires et s’inscrivant dans l’économie solidaire,
- des fermes paysannes, à taille humaine, favorisant la création d’emploi, économiquement viables et transmissibles,
- une commercialisation locale qui privilégie circuits courts et liens avec le territoire,
- des cultures adaptées au terroir local et respectueuses des saisons,
- une diversité des productions et de la polyculture lorsque c’est possible
- des installations multiples lorsqu’une complémentarité émerge entre plusieurs agriculteurs (fourrages, élevage, fumier…)
