Le Salon des Agricultures de Provence bat son plein ! L’occasion de présenter un premier bilan de la centrale d’achat qui alimente les cantines des collèges en produits frais et locaux. En quelques mois seulement, la structure a montré son efficacité. Producteurs et chefs de cuisine s’en réjouissent.
« Pour bien étudier il faut bien manger ». Forts de cette réflexion, les élus du département des Bouches-du-Rhône ont lancé, il y a trois ans, le projet d’une centrale d’achat de fruits et légumes. Les 125 collèges du département et leurs 60 000 demi-pensionnaires sont désormais alimentés par cette structure. « Elle permet de réguler les prix et de favoriser le terroir », explique Laurence Angeletti, conseillère départementale déléguée au bien-être alimentaire. Plus de 23 tonnes de fruits et légumes locaux ont été distribués depuis septembre dernier.
Tous les acteurs autour de la table
Deux opérateurs majeurs interviennent : tout d’abord l’association Actium Grand Marché de Provence, au MIN de Châteaurenard. Parmi la cinquantaine de producteurs adhérents à la plate-forme, 27 fournissent la centrale d’achat des collèges. Et puis le distributeur Verprim, qui se charge de réceptionner les produits et de les livrer dans les établissements scolaires. « Cueillis aujourd’hui, livrés et consommés demain », affirme le directeur du Grand Marché de Provence.
Michael Mangos, chef de cantine au collège Pierre Matraja à Sausset-les-Pins, élabore sur place 780 repas par jour.. « Avant j’allais chercher moi-même les fournisseurs, se souvient-il. Maintenant, je me connecte à la plate-forme, je commande par mail et je passe un coup de fil, si j’ai besoin de précisions sur les produits. Plus de problèmes de logistique, je gagne du temps, et de la qualité, avec notamment une offre bio plus importante ». Le chef affirme avoir des retours très positifs des jeunes convives.
Produire, vendre et manger local
Outre les élus et les opérateurs, la démarche fédère tous les acteurs, et notamment les producteurs, qui ont désormais leur mot à dire. « On peut parler sécurité à terme, saisonnalité, qualité des produits », confirme Sébastien Gailet, arboriculteur à Saint-Andiol. Le producteur se réjouit non seulement d’alimenter les jeunes en pommes et poires locales – en grande partie bio – mais aussi de rencontrer les scolaires lors de visites. « La démarche valorise l’agriculture locale, désormais nos pommes sont consommées à 100% dans la région » explique-t-il.
Depuis sa création, la centrale a permis de mettre 25% de fruits et légumes locaux dans les assiettes, contre moins de 10% auparavant. Objectif : 50% l’année prochaine. L’enjeu est de taille : améliorer la qualité des repas servis dans les cantines du département et rentrer dans les clous de la loi EGalim. Celle-ci vise 20% de produits bio, le département est aujourd’hui à 10%. La centrale d’achat semble être le bon outil pour atteindre les objectifs.
