Les Hautes-Alpes misent sur le lait

bocage champsaurin

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bocage champsaurin

Dans le Champsaur et le pays gapençais, la fabrication de produits à base de lait est une tradition bien présente. Trois fromageries installées dans le territoire ont décidé de se regrouper. Des maisons historiquement implantées mais qui visent plus loin.

Naissance de la fromagerie Ebrard ? 1890… Sacré Willy ? 1919… La Laiterie du Col Bayard ? 1935… Les vieilles dames ont pourtant choisi le collectif.

Nous avons rencontré Romain Jacquin, en charge de la mise en place d’une SAS (Société par Actions Simplifiée), qui concrétisera le regroupement des 3 laiteries. « La gestion du lait est une affaire complexe. Alors plutôt que de se lancer dans une guerre du lait, ces trois entreprises familiales ont choisi de se réunir ». Le choix d’une SAS plutôt que d’une coopérative par exemple est le fruit d’un constat simple : chacun des associés garde sa marque, conserve son ADN, continue de gérer son entreprise de manière indépendante. La SAS Hautes-Alpes Lait a pour objet la collecte de lait, et a surtout pour vocation d’ouvrir de nouveaux marchés.

Un développement assuré et anticipé

La démarche de construction est soutenue, accompagnée par la Chambre d’Agriculture des Hautes-Alpes qui a, au préalable, réalisé une analyse des forces et faiblesses de chacun et identifié les débouchés potentiels. À la question « Comment absorber le surplus de production généré par Hautes-Alpes Lait ? », la réponse est simple : « la Laiterie du Col Bayard est en train de construire un nouvel atelier, la Fromagerie Ebrard l’a déjà réalisé, et Sacré Willy a une marge de progression de 25 à 30 %. Le potentiel de développement est donc confirmé ».

Les Hautes-Alpes misent sur le lait Bleu Tomate
© Hautes Alpes Lait

6 millions de consommateurs dans le viseur

En termes de producteurs laitiers, 13 exploitations ont d’ores et déjà été sélectionnées, correspondant au cahier des charges établi par les partenaires de la SAS. Ils couvrent potentiellement les besoins estimés du projet. La vallée est constituée de petites exploitations, avec une qualité de lait en évolution et en progression. « Beaucoup des fromages affinés dans nos entreprises sont en passe de devenir AOP Bleu du Queyras ou IGP Tome du Champsaur, et 75 % sont distribués dans la région ». Situées le plus au sud du pays, les 3 entreprises bénéficient d’un marché potentiel de plus de 6 millions de consommateurs ! 

Ensemble, mais indépendantes

« Chacune des entités conserve ses différents circuits de distribution, l’idée est de renforcer les spécialités de chacune en orientant la production supplémentaire en particulier vers la restauration collective ». En effet, les produits phares sont connus dans la vallée : à côté des multiples fromages affinés sur place, les produits ultra-frais pour Sacré Willy, les yaourts pour la Laiterie du Col Bayard, et le fromage blanc pour la Fromagerie Ebrard sont réputés mais peu visibles dans les grandes enseignes, alors qu’ils obtiennent chaque année de nombreuses récompenses aux divers concours. C’est d’ailleurs là un des grands enjeux, en se présentant à trois : réussir à s’introduire dans la grande distribution.

Les Hautes-Alpes misent sur le lait Bleu Tomate

S’inspirer des expériences réussies

Aujourd’hui la filière connaît des expérimentations assez positives, comme par exemple, la marque « C’est qui le patron ?! », qui garantit au producteur une rémunération plus juste. Au-delà de rassurer le consommateur avec des produits issus du terroir, elle permet de changer d’échelle, en appliquant les recettes marketing à l’anglo-saxonne, ainsi que nous l’explique Romain Jacquin. C’est l’exploitant qui est mis en valeur, avec une photo permettant de personnaliser le produit fini. L’exemple pourrait être suivi par les hauts-alpins.

Une nouvelle marque pour servir le territoire

La marque Hautes-Alpes Lait a pour vocation de créer une identité locale tout en pérennisant la filière lait. Et si sa réussite permet d’encourager l’installation de nouveaux éleveurs, le défi aura été pleinement relevé. La Région Sud ne représente que 0,4 % de la production nationale de lait, la marge de progression existe bel et bien. Lancé en 2022, le déploiement de HAL sera pleinement opérationnel en 2027.

Photo de 1 © Guillaume Galvani

 

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