Parmi ses actions en faveur d’une croissance durable, le Parc naturel régional des Alpilles tente de promouvoir le tourisme ornithologique. Une forme de découverte vertueuse, à la recherche des multiples espèces de rapaces, hiboux, passereaux et migrateurs qui peuplent ou circulent dans le massif.

250. C’est le nombre d’espèces d’oiseaux observables dans les Alpilles. Cette variété témoigne de la diversité de milieux dans ce territoire pourtant soumis à de fortes pressions (aménagements, tourisme…). Falaises rocheuses, prairies, haies, garrigues et zones boisées favorisent une mixité que le Parc naturel régional (PNR) des Alpilles s’efforce de préserver. Notamment à travers deux démarches croisées : le programme Life Alpilles de protection d’espèces menacées et le développement d’un tourisme ornithologique vertueux.

13 espèces d’oiseaux vulnérables

Life est un programme européen lancé en 2013. L’objectif : maintenir la biodiversité des territoires tout en soutenant leur économie. Dans les Alpilles, pendant 6 ans, 13 espèces d’oiseaux vulnérables ont ainsi été ciblées en vue d’assurer leur pérennité.

Le Rollier d’Europe, l’un des plus beaux oiseaux à observer dans les Alpilles. Crédit Kwasny221/Stock.adobe.com (Photo de Une : L’aigle de Bonelli en vol. Crédit PNR des Alpiles/Sanfilippo).

Parmi elles se trouvent le très rare vautour percnoptère (deux couples dans les Alpilles), l’aigle de Bonelli (quatre couples), le circaète Jean-le-Blanc (quatre couples aussi), l’alouette lulu, le grand-duc et le petit-duc, le splendide rollier d’Europe (tout de bleu vêtu !), l’outarde canepetière… Des actions de réouverture de milieux, de défrichage, d’exploitation du bois, de plantation de haies et d’interdiction d’accès à certaines zones sont menées en vue de favoriser la nidification et la reproduction.

90% des viticulteurs en bio

S’ils ne sont pas tous tirés d’affaire, l’attention dont ils sont l’objet prévient a priori ces espèces de toute atteinte radicale. Et la conversion d’exploitations agricoles au bio promet le retour à une biodiversité plus saine. « 90% des viticulteurs des Alpilles sont déjà en bio ou en biodynamie », illustre ainsi Basile Dubois, chargé de mission Tourisme et Loisirs Durables au PNR.

Basile Dubois, au PNR des Alpilles, a pour mission de dynamiser le tourisme et les loisirs responsables. Crédit Philippe Bourget

L’écotourisme est l’autre versant de la stratégie. Quoi de mieux en effet que de favoriser l’observation d’espèces rares pour se convaincre ensuite de les protéger, en diffusant une parole « durable » ?

Tourisme ornitho « d’ailes de saison »

Parmi les axes développés par le PNR, il y a donc le tourisme ornithologique. « C’est un tourisme d’ailes de saison qui permet d’attirer des visiteurs en dehors de la période de pointe de juillet et d’août. Les observations se font de février à juin et de septembre à la Toussaint. En prime, par chance, les oiseaux se trouvent en général en dehors du Triangle d’Or fréquenté Saint-Rémy-de-Provence-Fontvieille-Maussane », observe Basile Dubois.

Le vautour percnoptère, espèce rarissime dans les Alpilles. Crédit JC Drapier/Stock.adobe.com

Clientèle britannique, belge et néerlandaise

Engagé dans la Charte Européenne du Tourisme Durable, le PNR bénéficie ainsi, comme huit autres parcs régionaux français versés dans le tourisme ornithologique, du soutien d’un programme Leader. Les 75 000 € reçus (45 000 € de l’UE ; 30 000 € de la Région Sud PACA) sont utilisés pour différentes actions. « La première est d’identifier les besoins d’une clientèle britannique, belge et néerlandaise. Dans la tranche d’âge 50-70 ans, ces cibles sont connues pour pratiquer massivement le birdwatching. Nous avons aussi créé six parcours d’observation, réalisables par soi-même grâce à l’application pour smartphones et tablettes Les oiseaux des Alpilles », précise le chargé de mission.

Sur les sentiers du massif, des panneaux préviennent de la présence d’oiseaux et de la nécessité de protéger  leur cadre de vie. Crédit PNR des Alpilles.

Futures plateformes d’observation des oiseaux

La démarche est complétée par le projet de création de deux plateformes d’observation des oiseaux, « l’une en zone humide, l’autre en secteur rupestre ». Les professionnels de l’accueil touristique ne sont pas oubliés. Ceux labellisés « Valeur Parcs » (une quarantaine, dont quelques hébergeurs) profitent d’une professionnalisation de leurs prestations « naturalistes », à travers par exemple l’installation de refuges LPO chez eux.

Séjours ornithologiques avec Escursia

Les sorties accompagnées font aussi partie de la palette d’offres. Avec le Bureau des Guides naturalistes des Alpilles, le PNR propose d’avril à octobre des balades au crépuscule à la rencontre du grand-duc, le plus grand rapace nocturne d’Europe.

L’aigle de Bonelli, une des plus petites espèces d’aigles au monde. Crédit JAH/Stock.adobe.com

D’avril à juillet, les clients peuvent aussi  surprendre l’outarde canepetière. « Avec le spécialiste des voyages naturalistes Escursia, labellisé Valeurs Parcs au niveau national, nous proposons deux séjours ornithologiques : Entre Alpilles et Crau, initiation aux oiseaux d’hiver et Le Triangle d’Or de la biodiversité, en Camargue et dans les Alpilles ». Les 250 espèces d’oiseaux ici présentes risquent demain d’être épiées (en toute discrétion, faut-il le rappeler) dans leurs moindres faits et gestes…

Parc naturel régional des Alpilles

2, boulevard Marceau

13210 Saint-Rémy-de-Provence

04 90 90 44 00

parc-alpilles.fr