Fondée par Julien Moucadel, paysagiste à Maussane-les-Alpilles, l’association Gaïa’ddict fédère une quarantaine de personnes autour d’un potager cultivé en permaculture. L’idée : faire profiter les adhérents des récoltes et créer du lien social au village, notamment par la transmission aux enfants.

La terre de compost provient de déchets verts récupérés notamment chez les clients de Julien Moucadel, ici dans son jardin potager, en version hivernage. Crédit Philippe Bourget (Photo de Une : ramassage de légumes par les adhérents de l’association Gaïa’ddict. Crédit photo Julien Moucadel).

Quand on est paysagiste, le contact avec la nature est quotidien. Dans ces Alpilles aux belles propriétés, Julien Moucadel s’est constitué depuis 2004 un réseau de clients aisés qui lui confient l’aménagement et l’entretien de leurs jardins. Plantation d’arbres et d’arbustes, construction de terrasses, irrigation, élagage… le marché se porte bien. Mais ce qui aurait pu rester un business est devenu pour Julien Moucadel une conscience.  

Prise de conscience 

Issu d’une lignée d’agriculteurs installée à Maussane depuis plusieurs générations, il rachète en 2012 l’ex cabanon familial, agrandi et agrémenté d’un potager. Trois ans plus tard, il vit douloureusement la perte de son grand-père. « Il avait la maladie de Parkinson suite à l’exposition aux produits phytosanitaires durant sa vie active. Cela a été l’élément déclencheur de ma prise de conscience de développer un concept de nature éco-responsable », dit-il.

Tuteurs installés pour accompagner la croissance de légumes grimpants. Crédit Julien Moucadel.

Minimiser l’impact écologique des jardins 

« Natureaddict » est née. Adaptée à son activité de paysagiste, portée par la société Les Jardins du Louron, l’idée est de proposer des solutions d’aménagement d’espaces verts en minimisant leur impact écologique. Plantations de haies, récupération des eaux de pluie, création de mares, phytoépuration, ruches, poulailler, ombrières photovoltaïques, gestion des déchets verts… Julien Moucadel convainc des clients de s’engager dans cette voie. 

Ecouler localement les produits 

En parallèle, le potager familial prend corps. Alimenté par les déchets verts de ses clients, transformés en compost pour produire fruits et légumes en permaculture, il connait un rendement tel qu’en 2019 des produits lui restent sur les bras, tomates, courgettes…

Le potager est clos avec des palettes en bois de récupération. Crédit Philippe Bourget.

« J’ai pris contact avec des amis et des clients. De là est née l’idée de monter une association pour s’occuper du potager et écouler localement les produits. Mais aussi pour fédérer autour des modes de culture et de consommation, changer les pratiques agricoles et alimentaires. Et faire partager l’expérience à d’autres », raconte Julien Moucadel. 

Trois restaurants « partenaires » 

Lancée en 2019, l’association Gaïa’ddict rassemble aujourd’hui une quarantaine de personnes. Parmi les membres se trouvent… la grand-mère de Julien, des salariés installés à Maussane, un artiste, des artisans, une journaliste, des mères de famille… « un vrai brassage générationnel et social ». 8 à 10 personnes plus impliquées font tourner le potager, déployé sur 1 000 m² dans une parcelle au devant de la maison. Chaque membre de l’association, financée par les adhésions et une cagnotte obtenue via Hello Asso, bénéficient gratuitement des produits de la parcelle, melons, framboises, fraises, carottes, courges, salades… Trois restaurants de Maussane et de Mouriès cuisinent aussi les légumes de Julien et son équipe.

Jeunes plants en terre. Crédit Julien Moucadel.

Bientôt la cantine scolaire ? 

Le projet vise également à faire pousser ou croître des graines écos-responsables dans l’esprit des habitants. « Notre envie en 2020 était d’alimenter la cantine scolaire de la commune avec nos produits. Le Covid a tout retardé mais les choses sont en train de bouger à la mairie », observe Julien. Un nouveau maire a été élu et certains adjoints sont membres de Gaïa’ddict. Sur le modèle de « la graine à l’assiette », le projet consisterait à « effectuer des interventions en classe, créer des ateliers de semis, amener les enfants à cultiver eux-mêmes les légumes sur notre potager et même à mettre en place un potager éphémère sur un espace communal », énumère le paysagiste.

Julien Moucadel dans le potager. La remise en culture débutera fin février. Crédit Philippe Bourget.

Agriculture presque biodynamique 

Lui assure n’avoir aucun intérêt financier dans cette aventure. Père d’un enfant « à qui je n’ai jamais donné à manger de pots cuisinés », Julien Moucadel assume ce choix d’une agriculture naturelle, presque biodynamique, fondée sur une envie d’écologie et de générosité.

Pour en savoir plus

Gaïa’ddict

Julien Moucadel

06 84 18 18 37

facebook.com/Association-Gaïaddict