L'équipe de la ferme

Le Mas St Joseph, fort de ses 6 hectares adossés à la ville, côté Sud-Ouest, renoue avec sa vocation  maraîchère. Mieux même ! Une plate-forme de vente à la restauration collective et un magasin de producteurs font partie du projet, porté par l’association Terre de Liens.

Par ce matin de janvier un peu frisquet, les premiers arrivés sur le chantier démarré depuis une semaine, sont les électriciens. On attend les maçons. Il faut dire que le Mas St Joseph, une vaste ferme de 450 m2 a besoin d’une bonne restauration.

Outre le logement qui accueillera un fermier, il abritera dès ce printemps le premier magasin de producteurs d’Avignon sur 60 m2, et la plate-forme pour la vente en restauration collective. La parcelle, en zone agricole et inondable jouxte quasiment les premiers immeubles de la cité.

la ferme est tout contre la ville

Juste derrière la haie qui borde les champs du mas St Joseph, les immeubles d’Avignon ©JB 6 Photo de Une : l’équipe de la SCOP « Des pieds et des mains » ©SCOP

La renaissance du  Mas St-Joseph

Champion de la sauvegarde des terres agricoles, c’est Terre de Liens qui a racheté la ferme. Et ce n’est pas un seul fermier qui va s’installer mais plusieurs. Une demi-douzaine de maraîchers de Barbentane (tout près d’Avignon), regroupés au sein de la SCOP (Société Coopérative de Production) « Des pieds et des mains » cherchaient en effet des terres à cultiver. Terre de liens, sollicitée a accepté d’acheter le Mas St Joseph, et la SAFER a choisi leur projet. Coût : 500 000€.

Olivier Cadart, bénévole pour Terre de liens, a monté le dossier. « Il existe une convention avec la SAFER PACA. Nous travaillons avec elle et en collaboration avec les collectivités. Ici, la ville d’Avignon, mais aussi l’Agglomération. Et nous avons eu un financement du Plan de Relance de l’Etat ».

A l’arrière du mas St Joseph, depuis le champ de brocolis, Olivier Bougé le maraîcher de Paysans d’Avignon et Olivier Cadart, le bénévole de Terre de Liens qui suit le dossier ©JB

Un projet multiforme et ambitieux

Terre de Liens signe avec les fermiers des baux environnementaux, pour qu’ils pratiquent une agriculture paysanne et bio. A terme, 8 à 9 personnes devraient travailler au mas St Joseph. Outre le maraîchage en serres et plein champ, ils développeront des vergers, sur un modèle agroforestier.

Le Mas St Joseph sera la plus grosse ferme maraîchère de l’association « Paysans d’Avignon, » souligne Olivier Bougé. Cet agriculteur est installé tout près, depuis 8 ans. Il fait partie des 9 producteurs qui portent le projet du magasin (avec 4 autres maraîchers, une apicultrice, un arboriculteur, un chevrier et un vigneron), au nom de l’association  « Paysans d’Avignon ». « Ce projet de magasin n’aurait pas vu le jour si Terre de Liens n’avait pas racheté cette ferme, explique Olivier. Je compte y vendre le principal de mes productions. »

Une partie des équipes Paysans d'Avignon et Terre de Liens

Une partie des équipes Paysans d’Avignon et Terre de Liens au mas St Joseph, un projet collectif ©MF Alibert

A côté du magasin, la plate-forme de regroupement de produits pour la vente à la restauration collective va voir le jour. Et les « Paysans d’Avignon » développent également un système de pré-commande en ligne.

Terre de Liens fait reverdir la ceinture d’Avignon

La Ferme de la Durette, située sur la route de Marseille,  a été rachetée en 2020. Mise en valeur par plusieurs fermier.es, en agroforesterie, elle est aussi une ferme pilote pour les scientifiques du Groupe de Recherche en Agriculture Biologique (GRAB). Toujours au Sud de la Cité des Papes, l’association Semailles cultive par ses chantiers d’insertion en agriculture, des fruits et légumes bio vendus à 350 adhérents. Terre de Liens vient de racheter 3 hectares et demi mis à la vente. L’association y poursuivra ses cultures. Le Mas St Joseph est la 3e ferme de la ceinture verte d’Avignon sauvegardée pour l’agriculture.

Terre de Liens va fêter ses 20 ans !

Ce mouvement d’intérêt général est tout à la fois une association d’éducation populaire, une fondation et une société foncière. Elle affiche le double objectif de sanctuariser les terres agricoles et d’encourager à des pratiques bio, paysannes et nourricières. Pour y parvenir, elle s’est dotée d’outils adaptés. Aux côtés de l’association, la Foncière et la Fondation. Qui fait quoi ?

logo Terre de Liens 2023Au sein de l’association, les salariés, (4 dans la région) et les bénévoles (une centaine en PACA), montent et suivent les dossiers, nouent les contacts avec les collectivités, font connaître la structure et communiquent sur ses actions et ses besoins. Besoin de bénévoles, par exemple, jamais assez nombreux ! Et pour les candidats qui n’ont pas de compétences particulières, des sessions de formation sont organisées !

Comment ça marche ?

La Fondation reconnu d’utilité publique reçoit dons et legs au profit de l’achat des fermes.  La Foncière est une entreprise d’investissement solidaire. Elle offre aux citoyens comme aux entreprises de placer leur épargne. Sans rémunération, il ne s’agit pas de spéculer, mais avec déduction fiscale de 25%.  L’action est au prix de 104€.

Une ferme de la ceinture verte d'Avignon rachetée par Terre de Liens

Mas St Joseph à Avignon, le champ de brocolis ©JB

Recueillir des fonds

Dès le 16 janvier, la campagne de collecte d’épargne pour les fermes de la ceinture verte d’Avignon est relancée. Objectif pour le Mas St Joseph : 472 855€.
Terre de Liens PACA a racheté 21 fermes dans la région. Plusieurs projets sont en cours.
L’association organisera en 2023 de nombreuses manifestations pour célébrer ses 20 années d’existence. Le public y sera convié. Plus que jamais, et en Provence-Alpes-Côte d’Azur plus qu’ailleurs, la question de la sauvegarde de terres agricoles est primordiale.

Une démarche citoyenne

Contre l’artificialisation galopante des sols et la flambée du prix du foncier, Terre de Liens, association de citoyen.nes apporte une réponse quotidienne aux défis d’une agriculture saine et bénéfique pour la santé humaine et environnementale, d’un développement économique harmonieux des territoires (avec la recherche d’un retour à l’autonomie alimentaire) et du changement climatique.