Sur le chemin de l'AMAP, les futurs plants de salade

Les uns produisent des fruits et légumes, les autres les distribuent, d’autres encore les cuisinent et  nourrissent… Comment faciliter leurs relations ? Dans le Vaucluse comme ailleurs, les acteurs se parlent et  cherchent les voies d’une meilleure coopération.

Le restaurant Bio’s à Cavaillon, adepte de la nourriture bio, locale et saine a bien volontiers accueilli la rencontre initiée par la Confédération Paysanne. Autour d’un animateur national du syndicat agricole, des acteurs des secteurs agricole et alimentaire et des représentants des collectivités étaient présents, sur le chemin du progrès.

Mieux se connaître

Objectif de la réunion de travail ? Recueillir le témoignage de chacun et identifier ce qui fonctionne bien ou pas, les difficultés et les pistes d’amélioration.

réunion sur le chemin de la coopération

Des participants attentifs et motivés pour améliorer les relations au sein de la filière fruits et légumes frais ©J.B.

Plusieurs paysans ont présenté leur travail. Certains vendent à des grossistes, d’autres aux AMAP, ou encore à un magasin de producteurs. Ces structures sont également représentées  et expliquent aussi leurs attentes. Tout comme le Parc naturel régional du Luberon, impliqué dans la mise en place du Projet Alimentaire Territorial (PAT) ou encore la restauration scolaire.

Autant de paysans, autant de circuits

Premier constat annoncé par l’animateur national, le nombre d’arboriculteurs a diminué de 36% en 6 ans en France , signe d’un profond malaise. Et cela alors que la demande des consommateurs pour des fruits et légumes sains et locaux ne cesse de grimper.

La filière des fruits et légumes frais  cherche son chemin

Maraîchers ou arboriculteurs cherchent les circuits de distribution les mieux adaptés à leurs contraintes ©J.B.

Autre constat, la tendance de certains grossistes à exiger de plus gros volumes, qui pousse les producteurs à se spécialiser, pour ceux qui le peuvent. Autrement dit, à investir et donc à s’endetter… Et puis le boom du bio amène de nouveaux acteurs sur les marchés, pas forcément enclins à respecter les contraintes des producteurs.

Concurrents ou partenaires ?

Autre question délicate, la fixation des prix, tout comme la gestion des tensions en cas de surproduction… Des aléas que supportent les agriculteurs, mais qu’ils partageraient volontiers avec d’autres. C’est par exemple le cas de ceux qui vendent à des AMAP. Ici les consommateurs s’engagent vraiment et soutiennent le paysan en cas de pépin…

les participants à la rencontre à Cavaillon

du producteur au chef de cuisine en passant par les distributeurs et transformateurs, les acteurs ont besoin de partager ©J.B.

Globalement, les agriculteurs engagés avec un grossiste apprécient le gain de temps et la facilité. Ceux qui vendent en AMAP, auprès d’un magasin de producteurs ou à un réseau spécialisé comme Biocoop mettent en avant les rapports de loyauté, l’attention portée à leur travail, notamment sur les prix ou les volumes.

Des collectivités s’engagent

Pour le PNR du Luberon, Mylène Maurel, chargée de mission agriculture, explique la démarche de soutien aux paysans locaux : aide à la valorisation des produits,  formation et soutien technique. Sur ce point, elle déplore un manque d’engagement – parfois – de la part des producteurs.

les scolaires sur le chemin du bien manger

Le PNR Luberon initie les scolaires avec les classes « de la ferme à la fourchette, ici au
Château de Buoux, en 2017 ©J.B.

Un secteur porteur pour les maraîchers et arboriculteurs locaux est celui de la restauration collective. La demande est forte, mais pas si simple à gérer ni pour le chef, ni pour le producteur. Question encore une fois de volume, mais aussi de conditionnement, de planification, voire de livraison… Mais des communes pionnières donnent l’exemple et fortes de leur expérience, fournissent même des documents pour faciliter les choses.

De meilleurs rapports entre l’amont et l’aval

A l’issue de la rencontre, les participants sont un peu plus riches de l’expérience des autres et prêts à travailler ensemble pour approfondir les échanges. L’idée –au-delà de la mutualisation des initiatives- est aussi d’inventer le chemin de l’amélioration des rapports entre l’amont et l’aval,  pour le plus grand nombre d’acteurs.

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Pour aller plus loin

logo d'Interfel, la filière des fruits et légumes fraisLa structure Interfel a chargé les syndicats agricoles d’une vaste enquête de terrain pour connaître mieux les attentes des différents acteurs, les avantages et inconvénients des différents circuits et ainsi les moyens d’améliorer les filières et les relations entre tous.
La réunion de Cavaillon prenait place dans cette initiative.
Créée en 1976, Interfel rassemble et a pour mission de valoriser l’ensemble des métiers de la filière fruits et légumes frais : production, coopération, expédition, importation, exportation, commerce de gros, distribution (grandes surfaces, commerces spécialisés et restauration collective). 

Pour lire les articles de Bleu Tomate sur le PAT du Parc du Luberon, on peut cliquer ici  et aussi et encore .